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¡ESPAÑA TE QUIERO!
Qu\'est-ce qui se cache derrière les éventails espagnols?, par Dominique Chaudey
Non classé | 25.11.2009 - 20 h 09 | 4 COMMENTAIRES
La poutre et la paille…

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httpv://www.youtube.com/watch?v=4yOoRwKz0bk&feature=player_embedded

Je me suis levé ce matin de mauvaise humeur. J’ai lu hier soir un article du quotidien El País qui révélait à l’occasion de la Journée Internationale de lutte contre les violences faites aux femmes que « el número » cette année est 49. « El número » est un chiffre que l’on voit en permanence ici, dans les campagnes d’informations, dans les journaux télévisés, dans les discours d’hommes politiques… Tout le monde sait ce qu’est « el numéro ». C’est le nombre de femmes assassinées par leur mari ou par un ex.

En 2005, la Loi intégrale contre la violence de genres est la première loi que le gouvernement Zapatero a fait voter. A l’unanimité. Comme si le machisme était devenu la vraie plaie de l’Espagne. C’est d’ailleurs un fait récurrent de la société espagnole : les violences de genres (ici on inclut aussi les violences faites aux hommes par leurs femmes ou beaucoup plus couramment celles faites aux transsexuels) reviennent comme pour réveiller les mauvais démons locaux, notamment ceux du franquisme, époque particulièrement tendre pour les maris violents. Depuis, on refait l’éducation. Difficilement mais sans rien se cacher. Les campagnes de prévention sont omniprésentes.

J’ai souvent eu l’occasion de parler à mon Javier de mon ressenti vis à vis du machisme. Le super pouvoir des mères me rend fou. Leurs fils ou leurs petit-fils sont élevés comme des dieux. Je me souviens d’un diner de famille comme il en arrive souvent ici. A un moment, on ne sait pourquoi, les discussions s’enflamment et on s’engueule. En espagnol, se disputer se dit aussi « discutir ». Et à ce diner, Marco le neveu de Javier se plaignait de l’éducation que sa mère, très progressiste pour une Espagnole, lui donnait et a dit que ses copains en recevaient une meilleure. Et comme exemple, de sortir que ses amis lorsqu’ils étaient avec leur mère mettaient les pieds sous la table et se faisaient servir. Que c’était normal. Marco a 17 ans, pas 10 ans. Comment agira-t-il lorsqu’il sera avec une petite amie ? Ce genre d’anecdote, j’en ai vécu quelques unes et je ne m’y fais toujours pas. Le machisme est présent partout, il s’immisce subrepticement dans l’éducation. Du coup, la multitude de reportages, d’informations télévisées sur le sujet prend tout leur sens. On en parle aussi à l’école. Y a du boulot.

En arrivant ici, je me sentais à des années lumières de tout ça. Bien sûr et malheureusement, la violence conjugale existe en France mais on n’en parle peu. De temps en temps, un téléfilm le mercredi soir sur France 2 traite du sujet. En France, on aime bien évacuer les grands débats à coup de téléfilm sur France 2 le mercredi soir… Il faudrait que Josée Dayan réalise un film sur la vie de Marie Trintignant pour qu’on traite du sujet. Allez Josée !

Donc 49.

Et puis, je viens d’apprendre « el número » français. En 2008, 156 femmes sont mortes sous les coups de leur conjoint en France. Trois fois plus qu’en Espagne. Une fois encore, tout français que je suis, j’ai trop regardé la paille qui était dans l’œil de mon voisin plutôt que la poutre…

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