14 los reyes | ¡ESPAÑA TE QUIERO!

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¡ESPAÑA TE QUIERO!
Qu\'est-ce qui se cache derrière les éventails espagnols?, par Dominique Chaudey
Non classé | 17.12.2009 - 19 h 26 | 4 COMMENTAIRES
¡ Feliz navidad !

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httpv://www.youtube.com/watch?v=lyh4R_8R1OA

Fangoria et Rafael qui nous wish us a merry Xmas with el acento espanol !

Quinze jours d’absence. Descente de l’avion tard dans la nuit. Retrouvailles avec mon Javier d’amour. Un peu sur les rotules, je dois dire. D’autant que mon chéri a cette faculté extraordinaire de me raconter ce qu’il s’est passé en Espagne pendant deux semaines en 45 minutes chrono. Et ce, quelque soit l’heure du jour ou de la nuit. Juste histoire de me remettre dans le bain.

J’avais complètement oublié mais aujourd’hui c’est jeudi et jeudi, c’est déjeuner chez mi suegra (ma belle-mère). Une claque derrière la tête à son fils parce qu’on arrive avec 25 minutes de retard. Et on attaque la Fideuà : c’est une paella dont on remplace le riz par des vermicelles ou des coquillettes. Depuis que j’ai dit à Rosenda que j’adorais ça, j’y ai droit un jeudi sur deux.

Entre deux gambas, Rosenda m’a tué en me lançant : « ¿ Que es ese debate sobre la identidad nacional en Francia ? » Oups. Elle, qui regarde les infos à la télé tous les jours mais qui est incapable de se souvenir de quoique ce soit exceptée la météo, s’était passionnée pour le sujet. Aidée, certes, par Clarita une voisine qui a habité en France jusqu’au début des années 80. Allez expliquer à une Espagnole pur jus à quoi correspond ce débat et surtout ce que ça signifie. Super mal, la Dom. Le sujet empoisonne les news espagnoles depuis dix jours. Ça sent les vieux relents nostalgiques du Franquisme. Et ma Rosenda, pasionaria catolica y comunista del pueblo, se sent mal à l’aise avec le sujet. Moi aussi. Depuis 1976, la mort de Franco, elle a avalé pas mal de couleuvres. Elle a accepté un roi, que son fils homosexuel puisse se marier, que les basques puissent parler leur propre langue, que les transsexuels puissent… (en fait, elle n’a pas très bien compris, mais elle accepte). Elle ajoute : « J’ai même accepté que les Espagnols votent pour Aznar. » Fou rire général : elle n’a jamais gobé. Elle clôt la discussion avec : « Tu sais, la Rosenda de 1976 ressemble à peu près autant à la Rosenda d’aujourd’hui qu’un Français blanco ressemble à un Français arabe. Et pourtant je suis tout autant Espagnole. »

Sauvé par le gong. Javier me demande quel jour de fête nous passerons avec Rosenda. Parce que nous arrivons à la période des fêtes et qui dit fêtes ici, dit repas. Nous festoierons jusqu’au 6 janvier, pour Los Reyes, journée des cadeaux. Presque trois semaines de comida y de bebida… On choisit la Navidad, Noël. Parce que c’est au début et que c’est un vrai repas de famille. Cette année, nous serons 19. Javier pourra toujours se caler entre la cousine lesbienne et son neveu de 17 ans. Moi, je n’y coupe pas, ce sera à côté de Rosenda. Elle pourra surveiller ainsi que je ne laisse rien dans mon assiette. Mon Javier lui dit de ne pas trop en faire cette année avec la crise et son régime (lol). Et une claque ! Et Rosenda de rajouter en me faisant un clin d’œil : « Manger avec sa mère le jour de Noël, c’est ça l’identité nationale espagnole ! » Elle est démente, mi suegra.

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