14 ¡ESPAÑA TE QUIERO!

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¡ESPAÑA TE QUIERO!
Qu\'est-ce qui se cache derrière les éventails espagnols?, par Dominique Chaudey
Non classé | 10.06.2010 - 09 h 32 | 1 COMMENTAIRES
L’ibère émoi !

Pourquoi j’aime le café et pourquoi je déteste les choux de Bruxelles ? Pourquoi un Allemand, tout sublime qu’il soit, ne me procure jamais les même frissons que n’importe quel Espagnol presque quelconque ? Mon premier souvenir érotique ne date pas vraiment d’hier. Je devais avoir quatre ou cinq ans et j’étais dans les bras d’un voisin torse nu. Il était poilu et espagnol. Mes hormones se seraient-elles bloquées à cette époque ? Toujours est-il que je ressens la même chose encore aujourd’hui dans les bras d’un machote.

httpv://www.youtube.com/watch?v=J52EVQC59BY

Pourquoi j’aime le café et pourquoi je déteste les choux de Bruxelles ? Pourquoi un Allemand, tout sublime qu’il soit, ne me procure jamais les même frissons que n’importe quel Espagnol presque quelconque ? Mon premier souvenir érotique ne date pas vraiment d’hier. Je devais avoir quatre ou cinq ans et j’étais dans les bras d’un voisin torse nu. Il était poilu et espagnol. Mes hormones se seraient-elles bloquées à cette époque ? Toujours est-il que je ressens la même chose encore aujourd’hui dans les bras d’un machote. Odorat, toucher, gout, vue, ouïe de ce côté des Pyrénées.

L’été est bel et bien là… Chaud, brulant, humide, moite, doré. Tout est là pour qu’explosent mes cinq sens ! La pantalon a disparu laissant place au short. Et c’est le retour des mollets galbés, des cuisses musclées par tous ces dimanches de football. A la plage, les bronzages sont approximatifs : on ne porte moins le dernier maillot AussieBum ici. Les machicos remontent haut leur short sur les cuisses pendant les seules dix minutes où ils ne jouent pas avec leurs potes. Là, ils bronzent. Mais ça ne dure jamais. Pour mon plus grand plaisir d’ailleurs. Ils repartent aussitôt en courant pour se jeter à l’eau, en bande toujours. J’adore quand ils sortent de la mer et qu’ils se plantent debout devant la pin-up du moment qui n’a pas levé les yeux une seconde du magazine people qu’elle est en train de dévorer. C’est une véritable danse du paon. Encore mouillé, le garçon se sèche debout, se frotte et s’admire. Un peu d’huile sur le corps. A l’arrache. Le mélange eau-huile me provoque à chaque fois des émotions presque ridicules. J’assume. Je pourrais rester des heures à les regarder. A essayer de deviner quel était, à l’origine, le dessin du tatouage passablement raté qu’il porte sur l’épaule. A avoir des frissons chaque fois qu’il se passe la langue sur les lèvres après avoir bu un Red-Bull… A imaginer que le regard qu’il m’a porté était bien pour moi, et pas pour vérifier que je ne matais pas la pin-up !

Les garçons regardent beaucoup. Mecs, filles peu importe. Chaque regard a une fonction. Séduction et narcissisme, charme et défiance. Le soir dans les bars, chacun se jauge et se juge. Il n’est pas vraiment question de drague mais on se toise du regard. Ca fait partie du rituel. Les chicos s’en donnent à cœur joie. « Tu me regardes mais tu ne regardes pas ma nana ! » Pour ça, aucune chance. Et je regarde tout. Ici aussi, le taille basse fait loi chez les garçons. Le slip bariolé H&M qui sort du short me rend dingue. Mieux encore quand le slip en question est lui aussi taille basse et qu’apparaissent au détour d’un regard des fesses poilues. On ne me retient pas. Je suis capable à ce moment d’engager n’importe quelle discussion. Et je vous garantis que je me suis documenté sur la Roja, l’équipe de foot espagnole. Je parle Mundial à tour de bras. Et comme, en tant que Français, je n’ai aucune raison d’être chauvin sur le football, ils adorent.

Deux ou trois cubatas plus tard, on se touche. Les machos passent leur temps à se toucher la bite. Pourquoi ? Je ne sais pas. Sans aucune pudeur, ils se remontent le paquet. On exhibe la bête ! Chaque fois, je frôle l’érection quand un mec me prend par les épaules pour me présenter su chica. La fille en général n’est jamais vraiment très dupe. Le bisou, le clin d’œil me le prouve. Les garçons sont de moins en moins farouches au fur et à mesure que la nuit avance. Le grand jeu avec mes amis gays est de donner un maximum de claque sur les fesses de nos machos. Qu’ils nous rendent d’ailleurs.

C’est souvent le moment où ils ouvrent leur chemise, où ils retirent leur tee-shirt. La chaleur aidant, on transpire. Le week-end dernier, il faisait 28° à minuit ! Le mélange vieux parfum de supermarché-transpiration me rend fou. La version espagnole et masculine du parfum Céline Dion est le Siete d’Alejandro Sanz. Le Alejandro en question est chanteur, et a vendu plus de 21 millions de disques. Excusez du peu ! Toujours est-il que je reconnais ce parfum à dix mètres. Il fait partie de ma trilogie érotogène : l’auréole sous les bras, les tatouages débiles et le parfum.

Bien sûr, à l’aube, je les embrasse. Rarement avec la langue : « no soy maricón ! » De ces baisers dont je me souviens longtemps. On a les fantasmes qu’on veut… Qu’on peut ! Le mois dernier, un macho magnifique m’a donné sa chemise après une nuit alcoolisée. J’ai adoré. Je deviendrais fétichiste ? Un jockstrap bien usé, la chemise du chico, des portes clefs ridicules, des numéros de téléphones à la pelle, une socquette (un échange avec un hétéro très drôle qui a fini ivre sur mon canapé !). Oui. Je deviens fétichiste. Mais je ne garde ces objets que s’ils m’ont été donnés par des Espagnols. Une nouvelle collection, quoi ! Ma collection « l’Ibère et moi » !

Non classé | 16.05.2010 - 21 h 19 | 4 COMMENTAIRES
La chute de mon héros

Il y a encore peu, quiconque aurait osé critiqué José Luis Rodríguez Zapatero en ma présence se serait pris un coup de talon aiguille dans l’arcade sourcilière. Sauf qu’aujourd’hui, il y a vraiment trop d’Espagnols qui le détestent et que je n’ai que deux talons ! Le mythe en a pris un sérieux coup dernièrement. Pourtant, c’est lui le premier qui a accordé le mariage et le droit à l’adoption aux homosexuels d’un pays farouchement catholique.

httpv://www.youtube.com/watch?v=l3LmVunThuU

Il y a encore peu, quiconque aurait osé critiqué José Luis Rodríguez Zapatero en ma présence se serait pris un coup de talon aiguille dans l’arcade sourcilière. Sauf qu’aujourd’hui, il y a vraiment trop d’Espagnols qui le détestent et que je n’ai que deux talons ! Le mythe en a pris un sérieux coup dernièrement. Pourtant, c’est lui le premier qui a accordé le mariage et le droit à l’adoption aux homosexuels d’un pays farouchement catholique.

Bambi, c’est comme ça qu’on le surnomme, est le roi de la boulette (voir ci-dessus : devant le président Medvedev, il fait un lapsus et dit follar au lieu de apoyar. Follar veut dire baiser en espagnol), de la gaffe, du malheureux jeu de mot. Ca m’a fait rire de voir un homme politique faire des lapsus comme n’importe qui et les assumer. Quand il lit un discours au Parlement, on dirait un élève de 5e : ponctuation approximative, phrases coupée n’importe comment et surtout contresens à tour de bras. Mais ça faisait partie du personnage et ici, les Espagnols l’aimait beaucoup. Il a encore un an, il n’arrivait même pas à prononcer le mot « crisis ».

Et puis la semaine dernière : il annonce un plan d’austérité que « même pas en rêve » on pourrait imaginer en France. Et de quelle façon ! Imaginez que Barack Obama appelle Nicolas Sarkozy le mardi soir : « Ecoute chéri, j’en ai parlé avec Michelle, c’est le bordel chez toi. Je ne pourrai pas tenir mes spéculateurs longtemps si tu ne fais un peu de ménage. Et à par ça, les gosses vont bien ? » Et le Nicolas se pointe à l’Assemblée le mercredi matin pour annoncer une baisse des salaires de 5% de toute la Fonction publique (calculez sur votre salaire, 5% c’est pas mal), le gel des retraites et la fin du très fameux chèque-bébé (2500 euros à chaque naissance). Je ne vous dis même pas le bordel qu’il y aurait eu en France. Ici, nada. Tout juste 9 points de différences entre le PSOE de Zapatero et le Parti Populaire de droite embourbé dans des affaires de corruption.

Fatalisme ou dépression collective ? Je ne sais pas vraiment. C’est la première fois dans ma vie que je vois, que je vis une vraie crise au jour le jour. Quatre millions de chômeurs et les habitudes qui changent petit à petit. Cette semaine, un ami patron recevait pour un entretien d’embauche un jeune de 20 ans dans un bar du centre. Le gamin en question était dehors sur le trottoir : il n’avait les moyens de l’attendre à l’intérieur et de se payer un café (80 centimes). L’Espagne est au régime sec. Les restaurants proposent des menus à 7 euros et ne remplissent pas. On dit même que le nombre de prostitués dans les grandes villes augmente en flèche.

La semaine dernière, j’ai fait mes adieux à un couple de Finlandais qui habitaient Valencia depuis 18 ans. Ils sont repartis en Finlande : « Il n’y a pas de travail ici ! » Alors que j’ai toujours été admiratif de la dignité avec laquelle les Espagnols affrontaient la crise, je commence a être vraiment triste de ce qui se passe ici. Même les abuelas qui récupèrent leurs enfants chez elles parce qu’ils ne peuvent plus payer le loyer ou la traite de l’appartement, semblent ne plus avoir envie de rire.

Cerise sur le gâteau ibérique, on vient de suspendre le Super-juge Garzon parce qu’il avait outrecuidance de vouloir juger les crimes du franquisme (amnistié en 1977 par les restes du gouvernement du Caudillo). Y aurait-il quelque chose de pourri au royaume d’Espagne ?

Tout n’est pas désespéré quand même ! Mon abuela préférée, celle qui partage sa table en terrasse avec moi m’a rassuré : Rafa Nadal va gagner Roland Garros et les petits vont gagner le Mundial. Ca donnera deux ou trois mois de répits à Zapatero. Et de méga apéritifs géants qui soit dit en passant sont interdits depuis des années ici mais qui…

Non classé | 04.05.2010 - 14 h 54 | 1 COMMENTAIRES
Invisible !

Que les gays portugais puissent se marier avant les homos allemands ou français, relève pour moi du surréalisme. Et pourtant, ça va devenir très vite d’un réalisme accessible à tous mes poilus lusitaniens préférés. Mais je ne connais aucun couple homosexuel espagnol marié. Passer devant le maire pour deux garçons ou deux filles reste un acte marginal quoique qu’en pensent les plus réfractaires à une loi.

httpv://www.youtube.com/watch?v=qYKOdRi_M7Q

Surprise : Jesus Vazquez retrouve son mari lors de son passage au Koh Lanta espagnol

Que les gays portugais puissent se marier avant les homos allemands ou français, relève pour moi du surréalisme. Et pourtant, ça va devenir très vite d’un réalisme accessible à tous mes poilus lusitaniens préférés. Mais je ne connais aucun couple homosexuel espagnol marié. Passer devant le maire pour deux garçons ou deux filles reste un acte marginal quoique qu’en pensent les plus réfractaires à une loi.
Dernièrement, un sondage affirmait que plus de 70% des Espagnols ne veulent pas qu’on touche à la loi sur le mariage homosexuel. Plutôt une bonne nouvelle quand on voit les autres sondages qui annoncent une déculottée aux prochaines élections pour Zapatero, le père de cette loi. C’est que les Espagnols sont très attachés à leur Constitution. Peut-être parce qu’elle est toute jeune. Les lois sont les lois. Qu’on les respecte ou pas est une autre histoire mais la société prend toujours acte de ce qui est voté au parlement. Et pour les droits des homosexuels, c’est la même chose. Il faut dire que quand les Gazolines manifestaient en France, quand Jean-Louis Bory défendait la liberté d’être gay, dans les années 70, quoi, les homos espagnols étaient envoyés dans les geôles de Franco.
Du coup, quand la démocratie est arrivée ici, toutes les victimes de la dictature ont fait valoir leur droit à plus de liberté : les catalans ou les basques à parler officiellement leur langue, les artistes à pouvoir créer sans censure, les citoyens à pouvoir être propriétaires… Et naturellement, les gays à pouvoir se marier ! Tout ne s’est pas fait en une semaine. Mais depuis maintenant cinq ans, les homosexuels espagnols ont LE CHOIX de pouvoir ou non se marier. Car c’est bien là, la subtilité de la culture espagnole postfranquiste : après 60 ans d’interdiction, il est presque impossible aujourd’hui d’interdire. Avec tous les excès que ça peut entrainer bien sûr. Il y a un réflexe presque viscéral contre tout ce qui touche à la liberté.
Et les gardiennes du temple « Libertad », ce sont bien sûr les abuelas, celles qui ont connu le désert démocratique. Elles assument l’homosexualité du neveu, du fils voire de l’oncle avec fougue et humour. Plus queer que pas mal de gays d’ailleurs. Bien sûr, l’homophobie existe en Espagne comme partout ailleurs. Mais ce qui m’a vraiment surpris en arrivant ici, c’est la facilité qu’a tout le monde à aborder le sujet. Naturellement. Et ce, partout, à Madrid, à Valencia mais aussi dans les pueblos.
La télévision, véritable membre de la famille espagnole, affiche ses icones sans sourciller. Les Jesús Vázquez ou les Jorge Javier Vázquez sont les stars gays des programmes qui ont les meilleures audiences. Et ils ne se privent pas de parler de leurs maris ou de novios. A peu près autant que Carla B. parle du sien. Dans toutes les téléréalités, il y a des gays ou des lesbiennes, voire des transsexuels. En fait, les gens s’en foutent.
Une amie boyera (lesbienne) d’une cinquantaine d’année me disait dernièrement qu’elle avait longtemps milité pour le droit à la différence et que la société espagnole lui avait accordé surtout le droit à l’indifférence. En fait, elle adorait ça. Et je me demande si je ne suis pas en train d’adorer ça !

Non classé | 13.04.2010 - 19 h 55 | 3 COMMENTAIRES
L’art de s’engueuler…

En Espagne, on s’engueule. Tout le temps, c’est culturel. Les Espagnols disent qu’ils discutent. D’ailleurs, discuter et disputer se traduisent par le même mot : discutir. En fait, ils donnent tout simplement leur avis en parlant très fort, en hurlant quelquefois. Avec les mains bien sûr. Et avec les noms d’oiseaux typiques de la région. Le « hijo de puta » local n’a pas forcément la même valeur que sa traduction littérale française. Et on s’engueule sur tout.

Ma star Alaska qui pose nue pour lutter contre la tauromachie

En Espagne, on s’engueule. Tout le temps, c’est culturel. Les Espagnols disent qu’ils discutent. D’ailleurs, discuter et disputer se traduisent par le même mot : discutir. En fait, ils donnent tout simplement leur avis en parlant très fort, en hurlant quelquefois. Avec les mains bien sûr. Et avec les noms d’oiseaux typiques de la région. Le « hijo de puta » local n’a pas forcément la même valeur que sa traduction littérale française. Et on s’engueule sur tout. Les deux valeurs sures actuelles de l’engueulade espagnole sont la politique (je ne vous dis pas ce que la mère de Zapatero prend en ce moment) et la religion (c’est plutôt facile, le pape nous aide assez. Même si je me demande encore pourquoi les Espagnols pensent que leur pays est moins touché par les affaires de pédophilie que les autres pays).

Pour un Français comme moi, c’est un peu effrayant ces discussions qui finissent presque toujours par des insultes, voire des larmes. En France, on s’engueule et on ne se parle plus pendant des jours… Jusqu’à ce que l’un des deux, signe de faiblesse ultime, prenne son téléphone et s’abaisse à s’excuser de s’être emporté. Ici, que nenni. Passée l’engueulade, c’est comme si il ne s’était rien passé. On repasse à un autre sujet, voire à une autre engueulade. Le plus drôle, c’est lorsqu’un couple s’engueule en terrasse et que la abuela de la table d’à côté s’introduit dans la discussion en prenant à partie le serveur.

J’ai appris à maitriser les différentes postures adaptées à la situation et le vocabulaire adéquat. En tant que Français de service, j’ai le droit d’avoir un avis différent sur tout. Ca fait partie du mauvais caractère des Français. Napoléon a laissé quelques mauvaises traces ici ! Donc, maintenant je hausse le ton à toutes les sauces. Bien mal m’en a pris dernièrement. Après avoir défendu comme un malade la gastronomie française (j’ai beau adorer les tapas et autres paëllas, me goinfrer de sa charcuterie, la gastronomie espagnole, c’est quand même pas toujours du haut de gamme), j’ai abordé le sujet qui faisait selon moi l’unanimité contre lui : la tauromachie. Je suis tombé sur deux filles hystériques qui même si elles ne mettaient jamais les pieds dans les arènes, considéraient que la tauromachie faisait partie du patrimoine culturel espagnol et qu’il ne fallait pas y toucher. Bien sûr, j’ai appelé au secours du regard la catalane du fond de la salle (en général, les catalans ne pensent jamais comme les autres espagnols). Elle m’a laissé dans ma mouise. Ingrate. Je me suis pris toutes les insultes possibles dont le terrible « tu n’aimes pas l’Espagne ! ». Se prendre cette phrase en pleine figure équivaudrait en France à recevoir un « Quel facho tu peux être ! ». Violent. Mais j’avais la pêche, alors j’ai continué à les traiter d’assassins, de sadiques, de barbares. Et les deux folles de monter en puissance et de m’achever : « Il y a une demi-heure, tu nous as fait la leçon sur la gastronomie française, tu peux nous rappeler avec quelle humanité et quelle douceur vous gavez les oies pour le foie gras ? » Oups.

J’ai changé de sujet : le mariage de Penélope Cruz et de Javier Bardem est beaucoup moins dangereux. Et il était l’heure d’aller à la plage. Oui, nous allons déjà à la plage. Pas vous ?

Non classé | 31.03.2010 - 15 h 53 | 4 COMMENTAIRES
Le cul entre deux cultures

Une tartine beurrée… La Pyramide du Louvre… Un verre de Brouilly… Un film avec Josiane Balasko… L’odeur du métro de Paris… Tout Florence Foresti… La gueule que tirent les serveurs… Les discussions intellectuelles de la terrasse du Cox… Les Roumaines qui chantent… Des os à moelle… Les Buttes Chaumont… La Nouvelle Star… Et j’en passe.

httpv://www.youtube.com/watch?v=uCf3UjYabNY

Une tartine beurrée… La Pyramide du Louvre… Un verre de Brouilly… Un film avec Josiane Balasko… L’odeur du métro de Paris… Tout Florence Foresti… La gueule que tirent les serveurs… Les discussions intellectuelles de la terrasse du Cox… Les Roumaines qui chantent… Des os à moelle… Les Buttes Chaumont… La Nouvelle Star… Et j’en passe.
On a tous sa liste de Prévert à soi. Surtout quand on est parti. A cheval entre deux cultures. Ce n’est pas de la mélancolie, encore moins de la nostalgie. C’est un je-ne-sais-quoi de pétillant qui vous éclaire le visage, vous fait sourire. Je suis un gavacho (nom que les Espagnols donnent aux Français. A l’origine, ce n’est pas très sympa. Autant en rire). Et j’assume. Je me parfume. Je m’intéresse à la politique. J’adore manger. Et je parle de cul tout le temps. Les Espagnols aiment beaucoup notre côté fille facile en Dior ! Jockstrap Dior, j’entends.
Mais de temps en temps, mes connasseries avec mes copines me manquent. Aussi chaque fois que l’occasion de faire la fête avec d’autres Français se présente, je saute. Le week-end dernier, j’étais invité à une fête d’anniversaire. De ces fêtes dont on sait toujours quand elles commencent, rarement quand elles finissent. En l’occurrence, on a laissé nos hôtes le lendemain à 17 heures ! Mais revenons un peu au déroulement de cette fête. Vers 3 heures du matin est arrivé Franck, un Français qui vit à Valencia depuis seize ans. Le garçon en question est serveur au Nuncadigono (en français, « je ne dis jamais non »), le sexclub local. Une vedette, quoi ! Très chic une fête avec deux Français. Non, là, je fais ma vieille parisienne qui se la joue. Toujours est-il que les deux gavachos à force de ginebra con cola (gin-coca) pour moi et de ron con cola (rhum-coca pour Franck) ont fait leur show. Discussions endiablées en castellano jusqu’à 8 heures du matin puis on a craqué. Le naturel est revenu au galop. En français.
On a passé ensuite trois heures à chercher nos clips français préférés sur YouTube puis à danser comme des folles dessus. Tout y est passé : Niagara, les Rita Mitsouko, Vanessa Paradis (Joe le taxi, même en Espagne et passablement éméchés, tout le monde connait), Gainsbourg… Tout avait un gout de madeleines… Nos madeleines à Franck et à moi. On a même décidé que Sandra (si, si, remember, Maria Magdalena !) était une de ces madeleines. Personne n’a osé contrarier les deux connasses.
Mais le plus drôle, enfin pour nous surtout, c’est le moment où on a attaqué les slows. Bruna Giraldi : Y a de l’amour dans l’air. Rien que de l’écrire, j’ai honte. Surtout quand je me rappelle du connard qui m’a largué après ce slow en 1983. Même pas beau ! Du coup, la culture un peu haut de gamme à la Française, c’était pas vraiment ça : Ginette Reno, Jeane Manson, Michele Torr… Mais c’est la faute à l’alcool. Oui mais bien sûr.
Et Franck de me sortir sa liste de Prévert à lui. J’avais oublié le camembert. Un Français à l’étranger se damne pour un morceau de camembert, coulant, puant. Nous en tout cas. Les derniers Espagnols présents à la fête nous regardaient comme deux ovnis. Cariñosos. Peut-être parce qu’on les aiment vraiment très fort, on a commencé alors à faire notre nouvelle liste de Prévert. Celle d’ici…
Un verre de Horchata avec des fartones… Une chanson d’Alaska… Les brushings de la Reine Sofia… Un tableau de Sorolla… El Diario de Patricia… Une paëlla au bord de la plage… Un chalet à la mer… Una copa de Rioja… Une empanada à la morcilla… Carmen Maura… Les culs des légionnaires et les cuisses de Rafa Nadal… Les afters en terrasse qui finissent à 18 heures… Les chupitos… Almodóvar… El jamón, el jamón y el jamón…

Non classé | 17.03.2010 - 17 h 04 | 4 COMMENTAIRES
Tout ça pour une ligne…

Deux mois. C’est à peu près ce que j’ai attendu pour enfin obtenir ma connexion internet. Je ne vis pas au Burkina Faso ni au Cambodge, dans une hutte sur pilotis ravagée par un tsunami. J’habite toujours dans la troisième plus grande ville espagnole, Valencia. Cette attente un peu hors d’époque relativise quelque peu mon enthousiasme débordant pour la péninsule.

Deux mois. C’est à peu près ce que j’ai attendu pour enfin obtenir ma connexion internet. Je ne vis pas au Burkina Faso ni au Cambodge, dans une hutte sur pilotis ravagée par un tsunami. J’habite toujours dans la troisième plus grande ville espagnole, Valencia. Cette attente un peu hors d’époque relativise quelque peu mon enthousiasme débordant pour la péninsule.
Le vendeur de chez Telefonica, mignon comme tout (dire que je me laisse encore avoir !) m’avait pourtant garanti que l’installation ne prendrait pas plus de quinze jours. Et en avait profité pour me refourguer la totale. Et la totale en Espagne, c’est une multitude de chaines de télévision dont certaines me font penser à M6 en… 1986. Et M6 en 1986 en catalan, c’est quelque chose. Bref, Alejandro, le vendeur, m’a abonné au bouquet maximum. J’étais trop content.
Au bout des quinze jours prévus et je rappelle mon petit Alejandro. Il n’est pas là, il faut que je rappelle le lendemain. Le dit lendemain, on m’annonce que Telefonica s’est passé des services du beau vendeur et qu’il faut que je repasse à l’agence. Une Barbara nettement plus sèche et moins avantagée me montre mon dossier, qui n’avait pas été traité. Pourquoi ? Parce que mon Alejandro avait rentré mon numéro de passeport en « numéro de carte d’identité » et que l’ordinateur ne reconnaissait que les chiffres et pas les lettres. Je rêve. Très calmement, je propose à Barbara qu’elle fasse la modification elle-même. Pas possible. On doit d’abord faire une demande d’autorisation de changement de vendeur : demande écrite envoyée à… Madrid. « Mais ne vous inquiétez pas, dans quinze jours vous aurez votre installation. »
Passablement énervé, mais plein d’espoir, j’ai donc passé quinze jours enfermé chez moi à attendre le technicien. Chez Telefonica, les techniciens n’appellent pas pour prévenir de leur venue et bien sûr, le jour où je suis allé pendant 4 minutes 27 secondes acheter mes cigarettes, mon technicien est passé. Du coup, le service commercial basé certainement en Amérique du sud, m’a appelé pour me demander si je voulais maintenir ma solicitud de contrato. Essayez d’expliquer à une Bolivienne qui n’a jamais mis les pieds en Espagne que vous attendez un câble depuis un mois ! C’est tout juste si je n’entendais pas les lamas à travers le téléphone.
Le technicien est enfin venu… Cinq fois ! Pas pour me voir dans ce délicieux petit slip Calvin Klein que je viens de m’acheter, non. Pour faire des pruebas (essais) ! Rien ne fonctionnait. Et de m’expliquer en me montrant le boitier Telefonica à l’entrée de mon immeuble que dans mon quartier, les installations téléphoniques datent de l’époque de Franco (logo d’origine sur le boitier) et que les lignes saturent. Il me fallait faire un choix : internet ou la télé ! Me faire ça à moi, télévore devant l’éternel.
Je peux allègrement me passer de Belen Esteban ou des matchs du Barça. Je m’imagine mal aller dans un café internet relever les courriers de mes 48 profils sur tous les sites gays inimaginables. Les plans cam, je n’en parle même pas ! Du coup, retour chez Barbara-Telefonica pour modifier mon contrat. Elle m’annonce son premier sourire aux lèvres que j’aurai internet dans les deux jours. « Pero dos dias españoles ! » C’est bien là le problème : en Espagne, on prend son temps. Et surtout on ne s’énerve pas, c’est normal.
Epilogue : Un coursier est venu m’apporter mon routeur une semaine après. Il a fallu que je l’installe seul. En français, je ne comprends rien en électronique. En castellano, que veut dire « El indicador LAN correspondiente al conector trasero… » Le plus comique dans cet épilogue, c’est que Telefonica installe d’office un filtre de protection de l’enfance. Qui filtre bien, trop bien : certaines pages de Yagg sont cryptées. Délai pour faire sauter le filtre : cinq jours.
Je crois que je vis dans le tiers monde.

Non classé | 26.12.2009 - 12 h 19 | 2 COMMENTAIRES
Il est quand même plus sexy que Louis Nicollin !

Je suis un footeux de Mundial. Et pas tous les Mundial. Seuls ceux qui battent en audience Desperates Housewives ou Sex and the City. Oui j’ai vécu la coupe du monde 1998… En gros, pour moi, le foot, c’est vulgaire, c’est homophobe, c’est ringard : bref, je déteste. Sauf qu’en Espagne, on apprend à jouer au foot avant de parler. Le foot, ici c’est une religion.

Je suis un footeux de Mundial. Et pas tous les Mundial. Seuls ceux qui battent en audience Desperates Housewives ou Sex and the City. Oui j’ai vécu la coupe du monde 1998… En gros, pour moi, le foot, c’est vulgaire, c’est homophobe, c’est ringard : bref, je déteste. Sauf qu’en Espagne, on apprend à jouer au foot avant de parler. Le foot, ici c’est une religion. Et l’ambiance que l’on a pu vivre pendant la Coupe du monde 1998, les Espagnols la vivent presque à chaque match. L’an dernier, la finale de la Copa del Rey a eu lieu à Valencia. L’Athletic de Bilbao contre Le Barça. Dès l’arrivée des premiers avions, bus, trains, à l’aube, quoi, la ville s’est habillée de rouge et blanc, couleurs des basques de Bilbao. Même en bérets et en short, les Basques sont vraiment très sexys. Je me suis passionné pour ces « cuissots de la mort » pendant quelques heures à une terrasse de café. Et quand les Catalans de Barcelone sont arrivés plus tard dans l’après-midi, c’est le rouge et bleu qui est devenu roi. Et la guerre des bandas a commencé : ce sont ces fanfares de tambours et trompettes qui mettent l’ambiance avant, pendant et après les matchs. Un peu cacophonique mais drôle. Du coup, même quand on n’aime pas le foot, on fait la fête. Tout est occasion de faire la fête en Espagne.
Un truc que je n’avais jamais vu en France, c’est l’arrivée d’un nouveau joueur dans un club. Par exemple, le jour où Cristiano Ronaldo est arrivé au Real Madrid, il y avait 80000 supporters pour l’accueillir ! Il a dit « bonjour », a joué un peu au ballon et il est parti. Retransmis en direct sur pratiquement toutes les chaines de télévisions. Ca fait un peu bizarre !
Même les plus incultes en culture footballistique (j’adore ce mot) savent que 2009 a été faste pour le Barça. Ils ont tout gagné, les petits ! La Champions League en mai, le Championnat d’Espagne en mai encore, la Coupe d’Espagne en mai toujours, la Supercoupe d’Espagne en août, la Supercoupe d’Europe en août, et enfin la Coupe du Monde des Clubs en décembre. Pas doué en économie en ce moment les Espagnols, mais en foot, ils assurent !
Et ils assurent au Barça grâce à qui ? A Pep Guardiola ! L’entraineur de l’équipe reine est une bombe, il a un sens de l’humour décapant, il a même pleuré quand son équipe a gagné la Coupe du Monde des Clubs (voir la vidéo ci-dessus). Trop mignon le Pep. Pour lui, je deviens complètement blaugrana (rouge et bleu en catalan, c’est comme ça qu’on appelle les supporters du Barça) ! Et quand je pense aux super sexys Louis Nicollin ou Guy Roux, je me dis que j’ai de la chance, que les interviews de fin de matchs sont quand même nettement plus excitantes que les diatribes homophobes des entraineurs français.
Et dire que je vais vivre en direct-live le prochain mundial. Ecrans géants sur les plages, fiestas à chaque victoire de l’équipe espagnole ce qui devrait être assez facile vu le tirage au sort extrêmement favorable du premier tour –désolé les Suisses–… Et à chaque fois, mon Pep sera là pour hurler, crier, pleurer depuis la tribune.
En attendant ce mois de juin qui risque d’être très hot, je m’en vais mater les amateurs qui jouent tous les week-ends dans les jardins du Turia. Ah ! Les Cubains qui embrassent les Argentins à la fin du match, j’adore le foot !

Non classé | 17.12.2009 - 19 h 26 | 4 COMMENTAIRES
¡ Feliz navidad !

« ¿ Que es ese debate sobre la identidad nacional en Francia ? » Oups.

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httpv://www.youtube.com/watch?v=lyh4R_8R1OA

Fangoria et Rafael qui nous wish us a merry Xmas with el acento espanol !

Quinze jours d’absence. Descente de l’avion tard dans la nuit. Retrouvailles avec mon Javier d’amour. Un peu sur les rotules, je dois dire. D’autant que mon chéri a cette faculté extraordinaire de me raconter ce qu’il s’est passé en Espagne pendant deux semaines en 45 minutes chrono. Et ce, quelque soit l’heure du jour ou de la nuit. Juste histoire de me remettre dans le bain.

J’avais complètement oublié mais aujourd’hui c’est jeudi et jeudi, c’est déjeuner chez mi suegra (ma belle-mère). Une claque derrière la tête à son fils parce qu’on arrive avec 25 minutes de retard. Et on attaque la Fideuà : c’est une paella dont on remplace le riz par des vermicelles ou des coquillettes. Depuis que j’ai dit à Rosenda que j’adorais ça, j’y ai droit un jeudi sur deux.

Entre deux gambas, Rosenda m’a tué en me lançant : « ¿ Que es ese debate sobre la identidad nacional en Francia ? » Oups. Elle, qui regarde les infos à la télé tous les jours mais qui est incapable de se souvenir de quoique ce soit exceptée la météo, s’était passionnée pour le sujet. Aidée, certes, par Clarita une voisine qui a habité en France jusqu’au début des années 80. Allez expliquer à une Espagnole pur jus à quoi correspond ce débat et surtout ce que ça signifie. Super mal, la Dom. Le sujet empoisonne les news espagnoles depuis dix jours. Ça sent les vieux relents nostalgiques du Franquisme. Et ma Rosenda, pasionaria catolica y comunista del pueblo, se sent mal à l’aise avec le sujet. Moi aussi. Depuis 1976, la mort de Franco, elle a avalé pas mal de couleuvres. Elle a accepté un roi, que son fils homosexuel puisse se marier, que les basques puissent parler leur propre langue, que les transsexuels puissent… (en fait, elle n’a pas très bien compris, mais elle accepte). Elle ajoute : « J’ai même accepté que les Espagnols votent pour Aznar. » Fou rire général : elle n’a jamais gobé. Elle clôt la discussion avec : « Tu sais, la Rosenda de 1976 ressemble à peu près autant à la Rosenda d’aujourd’hui qu’un Français blanco ressemble à un Français arabe. Et pourtant je suis tout autant Espagnole. »

Sauvé par le gong. Javier me demande quel jour de fête nous passerons avec Rosenda. Parce que nous arrivons à la période des fêtes et qui dit fêtes ici, dit repas. Nous festoierons jusqu’au 6 janvier, pour Los Reyes, journée des cadeaux. Presque trois semaines de comida y de bebida… On choisit la Navidad, Noël. Parce que c’est au début et que c’est un vrai repas de famille. Cette année, nous serons 19. Javier pourra toujours se caler entre la cousine lesbienne et son neveu de 17 ans. Moi, je n’y coupe pas, ce sera à côté de Rosenda. Elle pourra surveiller ainsi que je ne laisse rien dans mon assiette. Mon Javier lui dit de ne pas trop en faire cette année avec la crise et son régime (lol). Et une claque ! Et Rosenda de rajouter en me faisant un clin d’œil : « Manger avec sa mère le jour de Noël, c’est ça l’identité nationale espagnole ! » Elle est démente, mi suegra.

Non classé | 25.11.2009 - 20 h 09 | 4 COMMENTAIRES
La poutre et la paille…

« El número » cette année est 49. Tout le monde sait ce qu’est « el numéro ». C’est le nombre de femmes assassinées par leur mari ou par un ex.

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httpv://www.youtube.com/watch?v=4yOoRwKz0bk&feature=player_embedded

Je me suis levé ce matin de mauvaise humeur. J’ai lu hier soir un article du quotidien El País qui révélait à l’occasion de la Journée Internationale de lutte contre les violences faites aux femmes que « el número » cette année est 49. « El número » est un chiffre que l’on voit en permanence ici, dans les campagnes d’informations, dans les journaux télévisés, dans les discours d’hommes politiques… Tout le monde sait ce qu’est « el numéro ». C’est le nombre de femmes assassinées par leur mari ou par un ex.

En 2005, la Loi intégrale contre la violence de genres est la première loi que le gouvernement Zapatero a fait voter. A l’unanimité. Comme si le machisme était devenu la vraie plaie de l’Espagne. C’est d’ailleurs un fait récurrent de la société espagnole : les violences de genres (ici on inclut aussi les violences faites aux hommes par leurs femmes ou beaucoup plus couramment celles faites aux transsexuels) reviennent comme pour réveiller les mauvais démons locaux, notamment ceux du franquisme, époque particulièrement tendre pour les maris violents. Depuis, on refait l’éducation. Difficilement mais sans rien se cacher. Les campagnes de prévention sont omniprésentes.

J’ai souvent eu l’occasion de parler à mon Javier de mon ressenti vis à vis du machisme. Le super pouvoir des mères me rend fou. Leurs fils ou leurs petit-fils sont élevés comme des dieux. Je me souviens d’un diner de famille comme il en arrive souvent ici. A un moment, on ne sait pourquoi, les discussions s’enflamment et on s’engueule. En espagnol, se disputer se dit aussi « discutir ». Et à ce diner, Marco le neveu de Javier se plaignait de l’éducation que sa mère, très progressiste pour une Espagnole, lui donnait et a dit que ses copains en recevaient une meilleure. Et comme exemple, de sortir que ses amis lorsqu’ils étaient avec leur mère mettaient les pieds sous la table et se faisaient servir. Que c’était normal. Marco a 17 ans, pas 10 ans. Comment agira-t-il lorsqu’il sera avec une petite amie ? Ce genre d’anecdote, j’en ai vécu quelques unes et je ne m’y fais toujours pas. Le machisme est présent partout, il s’immisce subrepticement dans l’éducation. Du coup, la multitude de reportages, d’informations télévisées sur le sujet prend tout leur sens. On en parle aussi à l’école. Y a du boulot.

En arrivant ici, je me sentais à des années lumières de tout ça. Bien sûr et malheureusement, la violence conjugale existe en France mais on n’en parle peu. De temps en temps, un téléfilm le mercredi soir sur France 2 traite du sujet. En France, on aime bien évacuer les grands débats à coup de téléfilm sur France 2 le mercredi soir… Il faudrait que Josée Dayan réalise un film sur la vie de Marie Trintignant pour qu’on traite du sujet. Allez Josée !

Donc 49.

Et puis, je viens d’apprendre « el número » français. En 2008, 156 femmes sont mortes sous les coups de leur conjoint en France. Trois fois plus qu’en Espagne. Une fois encore, tout français que je suis, j’ai trop regardé la paille qui était dans l’œil de mon voisin plutôt que la poutre…

Non classé | 30.10.2009 - 17 h 01 | 0 COMMENTAIRES
Santa Belén…

L’été est bel est bien terminé en Espagne. Les chiringuitos ont fermé. La moyenne d’âge des touristes a pris 30 ans en un mois. Et plus aucun mollet doré à l’horizon. Les discussions en terrasse ne sont plus les mêmes, je me surprends même à faire des commentaires sur la Champions League (sponsorisée ici par… Heineken)

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httpv://www.youtube.com/watch?v=VUP6SJzDqBo

L’été est bel est bien terminé en Espagne. Les chiringuitos ont fermé. La moyenne d’âge des touristes a pris 30 ans en un mois. Et plus aucun mollet doré à l’horizon. Les discussions en terrasse ne sont plus les mêmes, je me surprends même à faire des commentaires sur la Champions League (sponsorisée ici par… Heineken). Bref, une autre Espagne se prépare à passer l’hiver qui n’arrivera, je rassure ceux qui viendraient passer un week-end ici cet automne, pas avant le 20 décembre pour finir autour du 20 février. Tout change. Même les orangers qui commencent à prendre des couleurs. Tout. Sauf Belén Esteban. Belén qui?

Inconnue en France, Belén Esteban est une star en Espagne. Et une star à l’espagnole. Un récent sondage la plaçait largement en tête des personnalités préférées des Espagnols, loin devant Vicente Ferrer, la version masculine et espagnole de Mère Teresa. Qui donc est-elle? Une animatrice-télé phénomène, qui, à part ses passages remarqués dans Salvame, l’émission phare de Telecinco, ne fait rien. Et pourtant, elle est partout: en couverture de presque tous les magazines people, toutes les chaînes de télé parlent d’elle, des articles entiers sur le phénomène Belén sortent régulièrement dans El Pais ou El Mundo… Même les déjeuners de famille avec mi suegra (ma belle-mère) Rosenda et toutes les tias (tantes) font l’objet de discussions enflammées entre pro et anti-Belén.

Allez, mini bio de celle qu’on appelle La Reina Plebeya. Oui, oui, vous avez bien compris: la Reine du peuple. Une Lady Di sans couronne, quoi! Belén a été l’épouse de Jesulin de Ubrique, une star de tauromachie. Ils ont eu une fille Andrea. Depuis leur séparation, la Belén en question étale les détails de sa vie privée dans tous les médias espagnols. Son deuxième mariage, sa première rupture, puis la deuxième, puis la troisième. Ne cherchez pas à comprendre, on parle d’elle tous les jours.

Elle rit, elle pleure, elle crie. Ses sorties sont cultes, notamment le «¡Por mi hija, mato!» («Pour ma fille, je tue»). Elle frise (pour être gentil) la vulgarité. Physiquement, c’est une bimbo qui serait passée entre les mains d’un mauvais chirurgien: un mélange de Sandrine Quetier et de Brigitte Fontaine. Et cerise sur le gâteau, elle souffre d’un mauvais diabète.

Alors pourquoi toute cette passion autour de la Belén? Peut-être parce que contrairement à beaucoup d’animatrices de télévision, et pas seulement en Espagne, qui sont lissées, policées, toutes propres sur elles, la Belén ne transige pas. Elle dit les choses sans prendre aucune pincette. Gaffes, boulettes, elle n’en rate aucune. Mais elle le fait avec tellement de convictions! Et avec beaucoup d’émotion. Quel gay espagnol n’a pas versé sa larme quand elle a défendu comme une folle el Orgullo gay de Madrid? Et c’est donc tout naturellement qu’elle est devenue une icône gay. Ne vous étonnez pas de voir un jour ici un musclor avec un tee-shirt «¡Arriba la Esteban!» Et moi? Cœur d’artichaut que je suis, j’ai fondu devant la Belén, autant que mon Javier d’amour qui «¡Por la Belén, mata!»

Conseil du jour pour jouer à l’Espagnol: Tu lèveras les yeux au ciel quand un Français te parlera du patrimoine espagnol en faisant référence à Carmen. L’opéra est de Georges Bizet et le roman de Prosper Mérimée. Oups.

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